1er article - Presentation :o

1er article - Presentation :o
--[Bonjour à tous]--

Pourquoi ce blog:

L
ire est aussi bien si ce n'est mieux qu'un film, c'est un outil d'evasion ou l'on s'approprie les personnages. Ecrire est un peu pareil mais cette fois-ci on imagine completement la situation. J'espere que, si vous aimez lire, vous aimerez ce blog, qui est assez experimental dans sa forme, passant de descriptions fortement philosophiques à des textes plus simples.
Le but est ici de créer des legendes autour d'un monde et de personnages y appartenant de ps ou de loin, pour asseoir les bases, qui sait, d'un vrai roman s'articulant autour de ce monde.

Il y a d'autres mondes ! Il y a OutreMonde ...

Amis, qui que vous soyez, bonne lecture !

Sommaire:

P
age 1:
1
- A simple day ?
2
- Ôde à la folie.
3- Psycho(se)
4- Dieu et Roi

Page 2:
1- Intermède #1
2
- Vampire #1
3
- Vampire #2
4
- Apparences
5
- A la gloire d'Irumiel

P
age 3:
1
- Ad vitam eternam
2
- Et minuit sonna à la porte des mondes
3
- 1789 tonna à la porte des mondes
4
- De ltude des sentiments dans la contradiction humaine

A
suivre ...

# Posté le dimanche 04 juin 2006 09:09

Modifié le samedi 29 mars 2008 06:40

A simple day ?

A simple day ?
Il est six heures du matin, je suis seul arpentant les rues de la mégalopole. Laquelle, me direz-vous ? Il ne vaut pas la peine de repondre car elle n'a plus de nom pour moi, cette pretendue capitale qui m'a rejetée. D'ailleurs même mon propre nom n'a plus d'importance, il s'est envolé en même temps que ma citoyenneté.
Je s
uis un sans-nom, rejeté de cette foutue société qui ne jure que par le fric. Apres tout chaque billet vert est bon à prendre. J'ai du moi-même tirer profit de chaque action qui me semblait negociable, à une époque qui me parait déjà lointaine, mais néanmoins revolue.
Il ne re
ste plus rien de ma vie aux yeux des autres, et pourtant c'est les miens que j'ai ouvert et jamais je n'ai eu l'impression d'aussi bien vivre. Peut etre n'est-ce que l'impression qui transparaît de mon amertume, vouloir rejeter la société en ne jurant que par ses multiples defauts n'est peut etre que le seul moyen qu'il me reste de survivre à celle-ci. Celle qui m'a rejeté.
Les rayo
ns du soleil percent à peine à travers les hauts immeubles d'un siècle aussi oublié que moi. Ceux-ci sont crades, d'un vert foncé tellement foncé qu'on le dirait noir. Qui a osé dire que la verdure avait disparu ici, elle est juste differente. Mais la verdure du XXIème siècle est moche, aussi moche que le rat que je vois sortir des bennes à ordures, au bas desdits immeubles. Un rat, peut etre dois-je à present m'apparenter à "ça", cette chose rampante qui ne lutte que pour sa survie à travers une civilisation qui n'est pas la sienne.
Du h
aut d'un rebord, un corbeau croasse et semble me regarder, tenant en son bec ce qui semble etre la depouille putrefiée d'une souris et me fait un clin d'oeil. Il me reste au moins ça pour vivre, ma folie, qui un jour m'emportera. Pour l'instant elle ne fais que m'aider à resister à la pitié, à ma propre pitié, qui m'acheverait aussi surement que ce corbeau degeneré du haut de son abri. Il n'y a qu'en vivant dans la rue qu'on comprend qu'elle equivaut à la jungle, moderne certes.
Six heures et quart. Même le temps semble se jouer de moi en ralentissant son cours, pour mieux me faire prendre conscience du monde qui m'entoure, de sa noirceur. L'air lui-même contient des relents acres de desespoire, des relents de mort, et inspirer devient de plus en plus douloureux.
Je me
joue d'une société qui s'est jouée de moi, et cela me perdra, la folie est la plus douce des medecines, elle désengage l'homme de ses actions, la vengeance n'est alors plus qu'une obscure absurdité, et de qui pourrai-je me venger - de la société toute entière ? - ; une panique absurde m'envahit, comme les relents ont envahis mes sinus auparavant, je ne tiendrais plus longtemps dans ce monde puant. Puant le fric, puant la mort, puant la Vie ... puant les vestiges de ma vie. Puant la folie.
Je me met à courir dans ce qui fut autrefois mon quartier, des images defilent à toute allure devant mes yeux. Je cours,
j'ai 5 ans, mon père m'apprends à faire du vélo
jusqu'à
j'ai 14 ans, me refugie dans les bras de ma mère quand j'apprends la mort de mon père
n'e
n plus pouvoir,
j'ai 19 ans quand je rencontre ma future ex-femme ...
je cours tellement que le sol parait venir à ma rencontre,
23 ans lorsque je me fais renverser par une voiture
m'écorc
hant mains et genoux.
Je me re
lève et regarde autour de moi, l'air sent toujours aussi mauvais et la folie a comme agitée un drap noir devant mes yeux, je ne sais plus ou je suis, et en plus de ne plus avoir de nom, je ne sais plus qui je suis ...
Au loin s
'agitent les cigares du monde comme disait mon père (quel père ?), sous la forme d'immenses cheminées recrachant une fumée aussi blanche que le corbeau vue auparavant était noir. Les usines semblent etre les poumons du monde, pensai-je abruptement, les putains de poumons du monde "Pompe-à-Fric"!
Je ris ju
squ'à n'en plus pouvoir et la folie quitte peu à peu mes yeux tandis qu'une toux sèche me clou une fois de plus au sol.
Je sais
qui je suis, ou plutôt ce que je fus. Le monde n'est plus que degoût, à quoi sert-il d'exister, alors qu'une putain de blonde peroxydée change de trottoir en voyant ce qu'est un Homme Qui Sait. Qui sait ce qu'est réellement le monde...
un amas de superficialité comme toi ma chérie, pensai-je en regardant la blonde.
Une réso
lution implacable germe dans mon esprit tandis que la folie laisse lentement place à une froideur implacable sur mon visage. Sur tout mon être.
Je m
e remet à courir jusqu'à ce que dans un autre temps j'appelais le "pont des amoureux".
Je
ressens chaque sensation sur mon visage, le vent rabattant mes longs cheveux sur mes joues, les yeux me picotant.
Jam
ais je n'ai eu autant l'impression d'avoir les idées aussi claires.
Le bois vermoulu du pont semble craquer sous mon poids tandis que je m'elance dans un sprint final. La vie ne vaut plus la peine d'etre vecue quand elle révèle sa vraie nature.

Je ne sa
is pas comment j'ai sauté de la rambarde mais je l'ai fait, le temps semble se suspendre un instant.

Peut-êt
re que ça ne sera pas suffisant ...

End

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# Posté le dimanche 04 juin 2006 16:29

Modifié le mardi 29 mai 2007 16:18

Ôde à la folie.

Ôde à la folie.
un p'tit texte maison, ça permet de decompresser ^^

I
l y a deux questions qu'un hypothétique fou doit se poser, "suis-je fou" ou "est ce que le monde qui m'entoure est fou, et moi seul, isolé, sain d'esprit".
Donc u
ne personne saine d'esprit qui ne se pose pas cette question est folle.

Savoir r
emettre en question le monde est la clé du Tout, la clé de la comprehension.
Mais
savoir remettre en question le monde est la clé de la solitude ... comprendre les autres c'est finir par se comprendre soi-même. Tout est question de psychologie, il faut apprehender l'autre pour se juger, il faut se juger pour apprehender l'autre.

Alors
que fait on de la difference ? L'Etranger est il un fou, ou plutôt est-ce folie que de voir en l'autre ce fou, rejet de ce que l'on est pas.

Mon h
istoire a commencée il y a de cela à peine un mois. Je me souviens encore de l'odeur des fleurs qui m'environnait, du doux souffle du vent sur mon visage, et de toute cette vie qui grouillait autour de moi, heureuse et insouciante.
Il faut dir
e que l'insouciance est le meilleurs des pechés qu'a acquis l'humanité. Mais elle est la source du rejet de la difference. Et donc de la folie.
Comm
e chaque soir, mes pas pensifs - et donc soucieux - me menaient vers l'extremité Ouest de mon petit village de pecheur, le dernier du Monde Occidental disait-on, avant le grand vide, non pas de mes pensées mais de l'Ouest inexploré, étendue d'eau que l'on appellera ici "mer".
Je m'a
ttardais comme toujours sur le chemin menant aux hautes falaises de "l'inexplorable", ainsi que je m'amusais à décrire ce qui nous empechait de construire des voiliers propices à l'exploration. Quelques tentatives furent tentés par mes ancêtres d'y descendre mais on disait que le Mal sevissait en bas, et que les malheureux volontaires à la descente, tous descendus aux bouts de solides cordages, avaient disparus.
C
haque soir ce lieu impregnait mes facultés physiques et morales d'une force unique, presque fievreuse, qui me permettait d'aller de l'avant, de reflechir, de ne pas etre un de ces "Insouciants".
J'etais
d'ailleurs connu pour être ce que vous nommez un psychologue, m'interessant aux rare maux dont souffraient mes chers Insouciants, ce qui me permis d'entrevoir que si je les aidais avec bon coeur, certains me prenaient pour un fou. Rien de prémonitoire là-dedans.
Retros
pectivement, j'ai compris que j'etais un Etranger pour eux, de par mes pensées "certifiées non conforme" (slogan etrange que j'ai aperçu sur un des vos tout aussi etranges habits).
Mes cher
s Insouciants qui ne me respectaient peut-être juste parce que je leur faisais peur m'ont permis d'accroître ma sensibilité au monde et donc de m'enfermer dans ma propre solitude. Ma difference ne m'a pas exclu, je me suis retiré tout seul pensant être le seul à savoir penser, ce qui est en soi une semi-verité, dîte à demi-mots.
Mon co
eur est impregné des sentiments que j'eprouve toujours aujourd'hui face à ce havre de paix qui m'est fermé à jamais.
Le v
oyage est sans retour.

Il
y a d'autres mondes.

C'est
en parti ce que je me tue à dire à cette brute epaisse qui me regarde de son oeil morne. Que faut il faire pour le faire ciller, pour voir une once de comprehension se dessiner sur son front obtus.
La
difference mes amis, la difference ...

La difference mène à l'indifference

Je s
uis au bord des falaises à respirer un air d'une pureté incroyable, à sentir un flux me traverser et m'inspirer telle une muse qui se serait egarée, venue me faire profiter de ses dons...
M
es reflexions du jour m'ont amenées à me demander ce qu'il peut bien se trouver en bas de ses falaises immenses, telles que je vous en faisais part plus tôt, un territoire nouveau peut-etre ? Une colonie de mes ancêtres disparus ? L'espoir fais vivre. Surtout chez les Insouciants.
J
e ne sais pas si vous savez à quel point le vide attire, comme si une partie du sol sur lequel vous reposez commençait à se derober ou alors comme si le champs gravitationnel avait soudain cédé sous quelques forces obscures.
Je m
e sens de plus en plus enveloppé par le fluide environnant qui m'enveloppe, tandis que ma chûte gagne en vitesse. Souvent je me penchais encore un peu au-dessus de moi à present pour me demander à quoi servait la vie, s'il ne vallait pas mieux être un Insouciant finalement ... Faire semblant, comme dans ma jeunesse.
J'ai l
'impression de voir toute ma chère vie defiler devant moi, tels que le disent les rescapés d'Outretombe.

Je
n'atteindrai jamais le sol, jamais mon sol, mais l'asphalte dur d'une rue empestant à proprement parlé le corps en decomposition. Rien à voir avec mon cher village.
Me voilà
maintenant entouré d'indivus qui me regardent comme une bête de foire, tous puants divers parfums nauseabonds, me montrant du doigt. Je sais intuitivement que je ne suis plus chez moi, et que plus jamais je ne serai chez moi. On me regarde, leur langage est le même et ils font des commentaires sur mon accoutrement.
-"Sort
i du moyen-age", dit un gros qui empeste plus que les autres.
Je su
is à present l'Etranger, j'etais déjà different mais maintenant je suis la difference, passant pour fou aux yeux des autres. Le suis-je réellement ?

On me traine
presque de force dans un hospital car je ne dis pas un mot et qu'on ne sait pas pourquoi je suis par terre.
Je n'ai pas
de papiers, je ne suis personne ici, même pas dans le coeur d'un ou deux Insouciants. Je suis un courant d'air dans un monde de plusieurs millions d'habitants, de plusieurs millions d'Insouciants".
J'ai
passé l'Ouest inexploré, et je me dis qu'il aurait du rester tel quel, comme je me dis que mes questionnements quasi-existentiels n'avaient pas lieu d'être, qu'ils auraient dû rester immobile dans un coin de mon inconscient, me laissant le plaisir de l'Insouciance...

La brute epaisse à qui j'essaye de raconter en vain mon histoire hausse finalement les sourcils pour me dire que si je n'arrete pas mes elucubrations (quel mot scientifique venant d'une si petite cervelle !) il amènera des calmants.
Il claque
finalement la porte de ma chambre et je me retrouve seul, desespéré, me tenant la tête entre les mains.
Je
suis un Etranger, suis-je fou ou est-ce le monde qui m'entoure qui est fou ? La comprehension de ce monde est limitée, comme si l'irrationnel ne pouvait avoir lieu d'etre, comme si il valait mieux etre Insouciant ....

La porte d
e la chambre claque tandis que la voix de la "brute epaisse" resonne dans le couloir:
- Bienven
ue à l'hopital psychiatrique mon beau.
I
l rit, la brute rit ...


Il
y a d'autres mondes.

Les
legendes de mon monde, arrivées jusqu'au confins des Terres explorées, c'est à dire jusqu'à mon village font état de plusieurs apparitions d'Etrangers, très episodiques. Notamment de celui d'un rejeté de la société, qui avait sauté d'un pont, "le pont des amoureux", disait-il.

Il f
aut que je trouve le chemin du retour ...


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# Posté le lundi 05 juin 2006 03:51

Modifié le mardi 29 mai 2007 16:39

Psycho(se)

Psycho(se)
Non ! Eviter de crier, à tout prix, ne pas reveiller une nouvelle fois toute la maison, maman m'a dit que j'irai voir un medecin si mes cauchemards ne cessent pas.
Je sens
battre mon coeur à un rythme effrené, et me demande quelques secondes si il peut exploser dans ma poitrine. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, pourquoi je n'arrive plus à dormir, que m'arrive t-il ?
Des gouttes
de sueur degoulinent lentement sur mon front pour se confondre à mes larmes tandis que je rabat mes cheveux trempés sur le coté et que je me redresse dans mon lit.
La lune
laisse passer ses fantomatiques rayons dans ma chambre, eclairant le reveil qui m'indique minuit passé. Mon anniversaire, 14 ans dé.
Je repren
ds peu à peu mon souffle, et quitte mon lit qui me semble le dernier des lieux de torture imaginable pour me pencher à ma fenêtre et respirer la douce fraicheur d'une nuit d'été. Rien de plus normal en sommes.
De
puis plus d'une semaine, mes nuits se caractérisent non par des rêves horribles, mais opressant, comme s'ils allaient chercher au fond de ma gorge les derniers soufflent que j'essaye de recracher, comme si la puissance même de mes rêves m'etouffait.
Je
me dirige vers ma chaise et evite de regarder la porte de ma chambre tandis que je m'affale dessus pour tomber en larme. Que m'arrive t-il ?
Je m
e suis souvent considéré comme differents des autres, car reflechissant trop sur le monde qui m'entoure, sous-pesant chaque action pour essayer de faire les bons choix - tout le contraire d'un impulsif - même si cela me fais paraître "mou" aux yeux des autres ou lunatique. Pourtant avoir 14 ans se fête, chaque jeune à droit à sa part de bonheur !
Plus j'y
reflechis et plus je trouve que ma detresse ne se voit pas tellement elle est psychologique, et celle-ci ne transparaitra dans mon attitude que par le manque de sommeil.
J
e m'amuse, si le terme correspond bien, à croire que je suis damné, et pourtant mes souffrances doivent bien être infimes par rapport à ce que d'autres endurent chaques jours.
Mais ma de
tresse est bien là ...
Je
plonge ma tête entre mes mains, m'agrippant les cheveux comme un dément. Je ne veux plus rêver, si Dieu tu existes je te dis que je ne veux plus rêver !
C'est
fou comme la solitude semble prendre les devants dans ces occasions, j'ai l'impression d'être seul au monde et que pourtant la fin est proche... mais la fin de quoi ! Ma conscience même semble me jouer des tours.
Je devrai mettre ça sur le compte de la fatigue...
Je me redresse lentement pour m'habiller et sortir discretement par la fenêtre pour aller prendre l'air et me promener, une bonne promenade etant l'occasion de clarifier ses idées.
Tand
is que je passe la fenetre un mot me revient à l'esprit, et même si cela parait etonnant, c'est lui qui m'obsede, qui fait tourner mes rêves au cauchemard, qui prend une part de ma jeunesse pour m'empecher de vivre normalement. Porte.
Le m
ot lui-même me donne des frissons et je me repète que cela n'a pas de sens car je suis un esprit sain dans un corps sain.
Dans un mo
nde sain ? Ma conscience semble encore prendre à revers mes pensées si cela est possible, et je me demande dans quelle proportion un schizophrene sait qu'il est malade.
Je
suis dans la rue, je traine tout d'abord des pas hesitants pour ensuite forcer l'allure, comme si cela allait faire tourner mon cerveau plus vite, pourtant le fait même de penser commence à me faire peur.
Mes rêv
es sont presque chaque nuit semblables, commençant comme dans un conte de fée, passant d'un monde à un autre, d'une dimension à une autre, de la Terre à son alter-ego par le biais d'une simple porte. Une porte toute simple comme on pourrait en trouver dans sa maison ou à son lieu de travail, une porte fermée à clef dont le declic se fait quand je pose ma main sur la poignée.
Jusque
là mon rêve est idyllique, m'amenant aux confins de mes pensées les plus folles, dans un monde neuf, ou la civilisation moderne que l'on connait n'a pas encore d'emprise et ou l'air est aussi pur que ce que mon imagination me laisse imaginer.
Respire
r semble être le comble du bonheur, la nature chatoyante se perdant à perte de vue dans une harmonie qui semble être irréelle. Chaque être pouvant assister ne serait-ce qu'à une ébauche de ce monde y reconnaitrait un paradis perdu.
Outremonde, jusque dans mes tripes je connais le nom de ces territoires inconnus, au plus profond de mon âme je sais aussi qu'il est en danger, perverti par une menace grandissante.
Rien que c
e constat fais avancer mon rêve, m'emportant comme si des mains géantes me soulevaient pour me lancer, m'approchant de differentes parties de cet Alter-Monde. La vitesse est hallucinante, je vois d'abord des chateaux, de nobles chevaliers, des paysans, des marais, au fur et à mesure que mon rêve se perd dans l'abime du temps il devient plus noir, plus sombre et la vitesse même des evenements m'opresse.
Des marais, des arbres tordus aux troncs noueux qui semblent crier grâce au ciel, des maisons delabrées qui laissent s'echapper de sombres effluves et des rires gras, des forêts de troncs calcinés, des tours d'Avant-Garde noires remplis de spectres, des fantomes, des hybrides mi-homme mi bêtes, des sorcieres ... le neant.
Les vision
s se succedent tandis que je suis emporté dans un abime de sentiments, les sentiments d'un monde en detresse, les sentiments de ma detresse. Je crie à n'en plus pouvoir, le néant que je vois est caractérisé par un homme (une femme), un individu aux traits changeants, qui passe du petit enfant au vampire.
Je crie, la
figure est trop horrible, insoutenable, je ne peux pas voir, je ne veux pas voir, pourquoi me montre-t-on ça, qu'ai je fais !

Qui su
is-je ?

Et a
lors je me reveille, presque toujours en criant.
Il e
st une heure trente du matin quand je quitte le parc où m'avaient mené mes pas.
Repenser à m
es rêves m'a fais beaucoup pleuré, et je ne peux marcher sans trembler, comme un ivrogne sortant de son bar favoris après une soirée de beuverie. Je repousse à nouveau les mèches de mes cheveux et me sent dans un état de febrilité enorme, je sais que quelque chose va se passer, qu'une mission me sera confiée, importante pour les mondes des mondes, mais de quel type ?
Je repense à ma conscience et comprends qu'elle me joue encore des tours.
Commen
t concevoir qu'une porte puisse m'amener ailleurs, dans un autre monde ?
J'essa
ye de sourire mais je n'y arrive pas, trainant des pieds comme si je portais le monde entier sur mes epaules, avec cette impression d'etre anormale, que ma jeunesse n'est qu'une succession de malheurs.
Je ne trou
ve rien de mieux que de crier hey face de lune à la lune elle-même pour decompresser, pour evacuer tous mes mauvais sentiments ou presentiments.
C
'est extraordinaire la façon dont corps et cerveau ainsi que conscience s'adaptent aux situations, surtout quand il s'agit de gerer une crise, aussi psychologique fut-elle. Je me retrouve au milieu de la route assis à me debattre comme un forcené pour ne pas hurler de rire tandis que je m'affale par terre, repensant à ma mère qui veut que je vois un medecin, ce qui relance ma crise de rire.
Un p
oids enorme semble se degager de tout mon être et le rire en devient encore meilleur, semblant tout annihiler, semblant redonner vie et couleurs aux choses les plus simples.
Aussi impen
sable que ma vie semble l'être ces temps-ci, je m'adresse une nouvelle fois à la lune tandis qu'un oiseau pépie en passant devant ce que je vois du bel astre rond.
Allongé s
ur la route comme si j'etais seul au monde, je crie à face de lune que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que les rêves cessent.

Il es
t de nombreux actes que l'on regrette dans sa vie, de nombreuses paroles proférées qui n'auraient pas dû l'etre ou de nombreux mots oubliés qui auraient dû etre prononcer. La vie elle même en devient un parcours de circonstances, et on peut se demander ou est la liberté humaine car il n'y à pas de choix. Les aléas de la vie, des elements perturbateurs, telles des pierres un peu trop grosses jetées dans un ruisseau, scindant en deux le courant. Faut-il prendre à droite, à gauche ou se cogner contre la pierre ? La vie elle même peut être assimilée à ce courant qui nous emporte sans que l'on sache quelle est l'ampleur réelle de nos actions.
Il
est toujours trop tard pour pouvoir juger d'un acte.

Je ne sais p
as ce qui se passe mais tout semble prendre une couleur bien trop prononcée, comme si l'on m'avait drogué de force. Mes yeux hagards se promènent alentours et j'essaye peniblement de me relever tandis que je retombe par terre. Je tremble, presque pris de convulsion je sens mes levres s'agiter et mes dents s'entrechoquer, et telle une larve je suis obligé de ramper. Une fois de plus je ne comprends pas ce qui m'arrive, le trottoir à quelques pas de moi semble s'illumine tel un feu d'artifice tiré en pleine nuit, la lumière etant beaucoup trop forte. Je rampe lentement tel un mollusque et l'image d'une porte s'impose à mon esprit, chassant toutes lumières et toutes pensées. Je pleure seul allongé tandis que la porte semble m'attirer vers elle. Mes convulsions reprennent violemment et je me retrouve sur le dos à crier, à pleurer et essayer de m'arracher les cheveux comme si j'essayais d'atteindre le cerveau, d'atteindre la porte.
Toute la rage contenue par plus d'une semaine de souffrance semble se deverser, je crie, je crie à n'en plus pouvoir, j'ai l'impression de revivre mon rêve de façon eveillée, tandis que je m'apprete à me cogner la tête sur le sol.
Le sile
nce. Dehors, dedans. Dans la rue, dans ma tête. Toute souffrance s'est en allée, je respire à nouveau normalement, un filet de bave coulant de ma bouche, les yeux noircis par les pleurs et la rage. Je tente de me relever quand je comprends que je suis encore au milieu de la route, je me retourne lentement et vois deux phares me foncer dessus.

La mort. La
porte. La mort est la porte. Mais pas pour n'importe qui.

Je repr
ends peu à peu conscience dans un sable d'une douceur incroyable, respirant un air iodée bienfaisant, aussi pur que dans mes rêves les plus fous.

Le voyage ne
fais que commencer.
J'ai
une mission...



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# Posté le mardi 11 juillet 2006 10:29

Modifié le mercredi 30 mai 2007 02:33

Dieu et Roi

Dieu et Roi
"Il était une fois... Toutes les histoires devraient commencer comme ça, n'est-ce pas messire Roi ?"
Le Roi,
sur un trone de bois massif qui aurait été d'une simplicité depassant les cauchemars de n'importe quel homme avide de pouvoir s'il n'etait recouvert d'un or fin et inalterable, se tenait au bout de l'immense salle de reception, attenante à ces appartements privés.
To
ut indiquait chez lui qu'il n'etait pas une personne ordinaire mais un homme de pouvoir, de ses chausses à sa couronne, il n'etait qu'argent et or, puissance et souveraineté. Et pourtant, le vieux Roi etait avachis sur son trone tandis qu'un bouffon declamait maints vers pour tenter de le distraire.
M
ais plus rien ne lui offrait la moindre distraction, si ce n'etait encore ce bouffon, qui lui comptait maintes legendes et faits oubliés mais qu'il n'ecoutait pas ou peu. Un bouffon pas comme les autres, se disait-il, quand un peu de lucidité lui revenait, qui savait toucher là ou le coeur et l'esprit des gens se cachaient.
D'un geste las de la main, le Roi lui fit signe de continuer.
- Il était
une fois ... mais l'histoire s'ecrit à nouveau aujourd'hui, messire Roi, fit le bouffon avec un clin d'oeil exagéré au monarque, faisant tinter les armures des deux hommes de garde qui se tenaient chacun d'un coté du Roi. Ils n'aimaient pas tant de libertés envers leur bon souverain, mais le Roi lui-même semblait tout accepter du bouffon.
D'un ampl
e geste ce dernier commença une petite danse devant le Roi tout en le regardant dans les yeux, et s'arreta enfin d'une manière graçieuse, presque magique pour baisser ensuite les yeux, accroupi, un genoux à terre.
Il
recommença alors à prendre la parole:
"Il est une
fois, un Dieu, qui, par ses pêchés fut envoyé sur une terre qui n'etait pas la sienne, que certains appellent U-Topos ou encore Outremonde. Quels autres pêchés avait-il commis que d'aimer une humaine ? Et du haut de son royaume séculaire, dans des cieux qui étaient son domaine, le Dieu jouait le destin de sa jeune protégée, lui apportant chance et bonheur. Jamais humaine n'avait eu si belle vie, mais le Dieu, jaloux de la beauté qu'elle suscitait et dont il ne pouvait profiter pleinement, la priva de tout amour possible autre que l'amitié.
Chaque jo
ur le Dieu voyait sa belle changer, vieillir et se fletrir par le manque d'amour.
Alo
rs la belle, en bas, deçida d'implorer et de prier chaque jours Deus, le Dieu premier, père des pères pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, n'en ésperant pas moins qu'un geste bénéfique et divin du plus puissant des Dieux...
Alors b
ien vite Deus le père, dont les pouvoirs étaient - et sont toujours - immenses trouva le coupable et le chatia. Le Dieu fautif fut alors envoyé parmi les hommes, parmi sa belle et il se mit alors en quete de son coeur sans pouvoir la trouver. Deus le père lui avait enlevé tout pouvoir, sauf un étrange et particulier qui le faisait admirer par tous de façon involontaire. C'est alors qu'il compris la quête humaine, que chaque hommes et femme essayaient de mener, la richesse, le pouvoir, et pourquoi pas l'amour."
Le roi
au grand étonnement de toute la cour releva la tête en tremblant, en proie à des tourments interieurs, et regarda le bouffon du haut de son trône, des spasmes ridicules agitant sa tête, faisant tinter sa couronne sur son trone.
E
nfin, il fit signe au bouffon de continuer, qui repris alors sa posture initiale, tête baissée, genou à terre, comme pour demander pardon.
"Mais
le Dieu, reprit-il, devait aussi faire face aux tourments de la mort, comme un humain, sauf s'il savait trouver redemption... Le Dieu, que les possibilités humaines faisaient rêver, se fit alors, par son pouvoir de persuasion, de nombreux alliés humains et même s'il fit de terribles choses, de grands faits furent menés de sa main et c'est ainsi que des peuples barbares aux confints meridionaux, il allia et detruisit des peuples entiers, créa des royaumes et se fit Roi lui-même. Dans sa quête d'expansion, il cru que le pardon lui serait donné par l'ordre qu'il avait reussis à établir chez les hommes et en vint même à oublier celle qu'il aimait... mais les tourments du coeur sont inaltérables..."
Le Roi sem
blait plus blême que jamais et l'assemblée de courtisans et autres gardes et valets semblait préoccupés par l'état de leur souverain... Que lui arrivait-il ?
Les yeux ha
gards, la poitrine se soulevant au son maladif de sa réspiration, il fit signe au bouffon de continuer.
"Cela
pris moins de sept années humaines au Dieu/Roi pour unifier et detruire une bonne partie des territoires d'Outremonde. Sept années ou il cru pouvoir trouver pardon et ou rien ne se produisit.
O
n raconte alors que le Roi, ne sachant pas ce qu'on attendait de lui, tomba dans une deprime lourde et profonde qui l'empechait de raisonner et de rage envoya une nouvelle armée à la guerre, avant de plonger dans un mutisme et un état qui lui laissait tout loisirs de penser à Ena, sa belle, dont seul le souvenir d'un amour impie le laissait encore loin de la folie."
Le roi
se leva de son trone, sa main tremblante sur la garde de son épée, et intima d'un seul regard au bouffon de continuer.
"
Il est une fois... une guerre à l'est des royaumes déjà concquis qui fait d'enormes ravages. Il y a deux jours, deux soldats qui pensaient avoir tout tué sur leur passage, retrouvèrent une jeune femme dans une grotte, qui priait Deus le père. Ils tuèrent Ena sans pitié... Ainsi"
Le Roi, da
ns un cri de rage le coupa, ne voulant en entendre plus et s'avança vers son bouffon, les yeux emplits d'une folie assassine.
- Ne me
dit pas qu'ils ont tué mon aimée... ENAAAA..., cria-t-il tandis qu'il fondait en larmes.
Le bou
ffon, d'un air etrangement calme, parla alors d'une voix qui n'etait pas la sienne.
- Tu as faillis, dit-il alors, avec la voix du Père lui-même. Il te suffisait de retrouver ton aimée et de lui avouer tes sentiments pour que je t'accorde mon pardon ... mais tu as succombé aux nombreux pêchés humains, tu es et restera un simple mortel.

Sous le reg
ard d'une assemblée de courtisans, le Roi se jeta de la fenêtre latérale de la salle du trône dans un grand cri pour retomber 20 mètres plus bas.


By Nicobé (krnage93)

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 10:28